Comment limiter la casse ?

Du côté urbanisme, les dernières déclarations de la Mairie de Paris (sont bannis le diesel en 2020 et l’essence en 2030 en centre-ville), ont un impact certain sur les particuliers mais aussi sur les entreprises qui doivent composer leur flotte automobile . Du côté fiscal,  la loi de Finance 2017 a permis de rectifier une situation anormalement favorable au carburant diesel en réalignant la déductibilité de la TVA de l’essence et du diesel. Seul problème, la correction ne sera pleinement effective qu’en 2021 pour les véhicules de tourisme et 2022 pour les véhicules utilitaires ! Les fiscalités liées sont trop lentes pour aider les entreprises à aborder cette transition sans douleur. 

Rester vigilant sur l’essence pour sa flotte automobile : le Diesel reste jusqu’à 30% moins cher

Les facteurs d’explications sont nombreux : à motorisation équivalente l’écart de consommation est de 30%, le prix à la pompe est plus bas de 18%, la récupération de TVA est de 10% pour l’essence et 80% pour le diesel (0% pour les utilitaires), la TVS est indexée sur le CO2 beaucoup plus faible sur les diesel, ,les valeurs résiduelles des loueurs n’intègrent pas (encore) de baisse significative du marché de l’occasion pour le diesel qui impacterait les montant à financer, etc…

La sommes de tous ces paramètres : des écarts de TCO (Total Cost of Ownership ou Coût complet de détention) allant de 15% jusqu’à bien souvent 30% en faveur du diesel, l’écart s’accentuant encore plus lorsque le kilométrage annuel augmente. Si financièrement le diesel semble incontournable, pour améliorer la qualité de l’air, certaines villes, vont interdire la circulation des véhicules diesel comme Paris dont l’objectif est d’y parvenir dès 2020. Pour autant l’Etat français écologiquement s’est engagé dans approche fiscale visant exclusivement une réduction des émissions de CO2.

L’électrique, une solution viable ?

Seul l’électrique répond à la double contrainte environnementale Nox/CO2, mais aujourd’hui nous n’avons pas encore de vision parfaite tant sur la production que sur le recyclage des batteries, comme le soulignait récemment Carlos Tavares, « la folie électrique » est à relativiser par rapport aux autres impacts environnementaux. En outre, le coût, l’offre moins attractive, l’autonomie, les changements d’habitudes sont autant de critères qui retardent son développement. Des dispositifs très favorables ont été mis en place pour permettre le développement du marché des véhicules électriques : augmentation du montant de l’amortissement non déductible, bonus, prime, la possibilité de séparer la location des batteries du loyer des véhicules, etc…

Les premières mesures pour limiter les coûts de la transition

Du point de vue du conducteur, la modification des modalités de calcul de son Avantage en Nature (AEN) permettrait d’adoucir certaines contraintes du véhicule électrique. Actuellement l’avantage en nature est calculé sur le prix d’achat du véhicule…n’incluant pas les différentes subventions. Le conducteur se retrouve donc à payer un AEN supérieur tout en n’étant pas certains de pouvoir utiliser son véhicule pour 100% de ses besoins. L’immense majorité des Car Policy prévoit un traitement égal (sous-entendu le même véhicule) que le collaborateur soit en milieu urbain, roule peu ou beaucoup, ait besoin ou envie d’une voiture. Aujourd’hui, il s’agit pour les entreprises de réduire la taille du parc, diminuer le kilométrage réalisé grâce aux solutions télématiques, affiner les Car Policy de sa flotte automobile selon le profil du conducteur et pas uniquement son grade, promouvoir d’autres solutions de mobilité.
A court terme certaines interrogations demeurent pour optimiser sa flotte automobile:
– Que faire d’un véhicule acheté/loué pour 3 ou 4 ans si on ne peut plus rouler en diesel ?
– Est-ce toujours intéressant de souscrire un diesel si dans 2 ans les fiscalités seront proches ?
– Le marché du diesel ne va-t-il pas s’écrouler, provoquant un renchérissement des véhicules diesel
– A partir de quelle augmentation du coût, les entreprises commenceront elles à diminuer voire à renoncer à leur flotte ?
Il s’agit donc de mettre en place les indicateurs de suivi du marché permettant d’identifier le point d’inflexion…et de se préparer aux différents scenarii.