L’été 2018 aura été riche pour la mobilité et les rebondissements d’un début de dieselgate : nouvelles révélations de fraudes et annonce des lignes directrices de la loi Mobilités avant le coup de théâtre du départ du ministre Hulot.

Vers un dieselgate annoncé
Le 9 juillet, Nissan reconnaissait des fraudes sur les tests antipollution de ses véhicules. Un mois après, Mazda, Suzuki et Yamaha admettaient de même, faisant entrer les Japonais de plein pied dans le scandale du dieselgate.

Fin juillet, deux commissaires européens s’alarmaient de potentielles nouvelles fraudes des constructeurs lors des homologations de leurs véhicules en norme WLTP. Comble d’ironie, après avoir triché pour abaisser les émissions mesurées lors des tests, c’est l’utilisation de subterfuges pour augmenter les mesures de CO2 lors des test WLTP qui auraient été constatée. En effet, ces nouvelles mesures sont celles qui serviront d’étalon pour évaluer les réductions d’émissions et pénalités des constructeurs dans le futur.

Début Août, les mesures de CO2 en WLTP déjà fournies par les constructeurs à JATO leurs permettaient de communiquer sur les premières tendances avec une hausse moyenne des émissions de 9,6 g/km. Dans le détail, les citadines ne progressent en moyenne que de 6,6 %, mais les SUV, segment populaire et à volume, voient quant à eux des augmentations entre 14 % et 16 %. La crainte de dépasser les 140 g/km fiscalement fatidiques risque de sortir de nombreux véhicules populaires des car policies.

Le 6 août, IHS Markit publiait une étude prospective estimant que 27 marques ne seraient pas en mesure d’atteindre les objectifs de réduction d’émissions de CO2 à l’horizon 2021 avec une projection à 14 milliards d’amendes à venir. Chiffrage expliquant mieux la colère des commissaires européens sur le fait d’être dupés à nouveau et un leitmotiv évident pour les constructeurs d’éviter au maximum ce couperet. Quel impact aura ce dieselgate sur les contrôles à venir?

 

Un nouveau projet de loi Mobilités

Alors que le feuilleton du WLTP connaissait ces rebondissements, le ministère de l’Ecologie et des Solidarités publiait son projet de loi Mobilités. Ciblant aussi bien les acteurs publics que les entreprises ou les particuliers, le projet de loi fourmille d’initiatives telles que :

– favoriser les zones à faible émission en agglomérations denses via des péages urbains,

– favoriser le covoiturage avec des files dédies au covoiturage ou en ouvrant le remboursement des frais de déplacement domicile-bureau au covoiturage,

– réguler l’émergence d’acteurs de mobilité partagée avec le fait de pouvoir accorder des licences aux opérateurs d’auto ou de vélopartage,

– lancement d’un plan vélo (lutte contre le vol, files dédiées…),

– création d’un droit à la prise pour recharger un véhicule électrique et déploiement d’un réseau de recharges électriques sur le réseau routier national et autoroutier,

– supprimer l’avantage en nature sur la recharge de véhicules électriques des salariés,

– relancer le GNV et investir sur la pile à combustible en déployant un réseau de 100 points de distribution d’hydrogène.

Ces pistes semblent intéressantes, mais avec le départ surprise du ministre en charge et la présentation de la loi à l’assemblée, il semble un peu tôt pour avoir une idée définitive ce qui va être retenu du projet. Concrètement, on retiendra de l’été que le premier seuil du malus CO2 2019 passera au 1er janvier de 120 g/km à 117g/km. D’ici là, restez à l’affût !