Favorisé par la fiscalité française depuis de longues années, le diesel n’est plus en odeur de sainteté. Pourtant, les entreprises continuent de le plébisciter pour ses faibles consommations, son TCO et ses moindres émissions de CO2. Mais avec une fiscalité de plus en plus pénalisante et des valeurs résiduelles en baisse, son déclin semble programmé.

Malgré une fiscalité longtemps favorable au diesel, un rééquilibrage se fait par rapport à l’essence. L’article analyse les différentes mesures réglementaires qui illustrent cette dynamique. Il souligne néanmoins les avantages économiques indéniables du diesel pour les gros rouleurs, notamment au niveau du TCO

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Un TCO encore favorable au diesel…
Société de conseil et de gestion pour compte, Holson considère que le diesel reste jusqu’à 30 % moins cher par rapport à l’essence. Son étude date d’octobre 2017 et pointe de nombreux facteurs d’explication: un écart de consommation de 30 % à motorisation équivalente, un prix à la pompe inférieur de 18 %, une récupération de la TVA de 80 % pour le diesel et de 10 % pour l’essence, et une TVS indexée sur le CO2 et donc beaucoup plus faible sur le diesel, etc. Les consultants de Holson mettent aussi en avant des valeurs résiduelles qui n’intègrent pas encore de recul significatif du marché VO diesel. Pour le fleet manager, les écarts de TCO vont de 15 à 30 % en faveur du diesel et s’accroissent avec les kilométrages réalisés chaque année.

Face aux incertitudes sur le diesel, des loueurs ont déjà réagi. À titre d’exemple, Sixt Lease ne propose plus de contrat de LLD sans que le buy back ne soit assuré par le constructeur. De plus, sa politique tarifaire guide les clients vers des modèles essence. Le but : anticiper des valeurs résiduelles qui partent à la baisse en raison de la désaffection des acheteurs de VO pour le gazole.

Chez les constructeurs, les annonces se multiplient. Depuis cette année, Toyota a tourné définitivement la page du diesel en Europe. Porsche lui emboîte le pas. Hérésie pour les puristes, l’arrivée du diesel chez le constructeur allemand remonte à 2009. Adopté notamment pour séduire les entreprises qui ont représenté le tiers des ventes de Porsche en 2017, le diesel disparaît du catalogue. Les Cayenne, Macan et autres Panamera ne rouleront plus au gazole.

Il n’en demeure pas moins que les jours du diesel sont comptés. Même si, cela devra se faire par degré.

Et le journaliste de conclure : « Quoi qu’il en soit, tourner le dos au diesel ne se fera pas sans casse sociale. Un rapport du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) estime à 12 000 le nombre d’emplois liés directement au diesel en France mais précise que l’enjeu total est encore plus élevé. Les 1 500 personnes de l’usine Bosch de Rodez et les 1 210 salariés de Delphi à Blois sont les plus menacés. La sortie du diesel ne pourra se faire que peu à peu. Et les emplois perdus dans le diesel ne se retrouveront pas dans l’électrique dont l’architecture plus simple demande moins de main-d’œuvre pour sa fabrication ».

Retrouvez l’article d’Eric Gibory paru dans Flottes Automobiles du 14 mai 2018