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L'IA va-t-elle remplacer les gestionnaires de flotte ? Non, mais elle va changer leur façon de travailler.

il y a 3 minutes
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L’intelligence artificielle s’invite progressivement dans les outils de gestion de flotte automobile. Automatisation, assistance aux conducteurs, analyse des données, aide à la décision… Les applications se multiplient. Mais entre les promesses technologiques et les réalités opérationnelles, où en est-on réellement ?


Stéphane Montagnon, Directeur du pôle Consulting chez holson, nous livre son analyse des usages actuels de l’IA, de ses limites et de ses conséquences sur le métier de gestionnaire de flotte.



On parle énormément d’IA aujourd’hui. L'intelligence artificielle est-elle déjà en train de révolutionner la gestion des flottes automobiles ?


Stéphane Montagnon : Je ne parlerais pas encore de révolution. L'IA progresse rapidement et s'intègre déjà dans de nombreux logiciels, parfois même sans que les utilisateurs en aient véritablement conscience. Elle tend d'ailleurs à devenir un standard du marché.


Mais son déploiement dans un environnement professionnel est beaucoup plus complexe que pour un usage individuel. Les entreprises doivent composer avec des contraintes réglementaires, des exigences de sécurité, des engagements contractuels et la protection des données personnelles ou sensibles.

Il faut notamment garantir que chaque utilisateur soit correctement authentifié et n'accède qu'aux informations relevant de son périmètre. Ces garde-fous sont indispensables et rendent l'intégration de l'IA plus exigeante qu'il n'y paraît.


Quels sont aujourd'hui les usages de l'IA les plus pertinents pour la gestion de flotte ?


Stéphane Montagnon : Je distinguerais deux grands domaines d'application.

Le premier concerne l'IA conversationnelle, notamment pour répondre aux sollicitations des conducteurs. Cela peut apporter rapidement des réponses à des demandes simples, faciliter l'accès à l'information et étendre les plages horaires de service.

L'enjeu est toutefois de savoir passer le relais à un gestionnaire lorsqu'une demande devient complexe ou sensible. L'IA doit faciliter la relation avec les conducteurs, pas dégrader la qualité de l'accompagnement.


Le second domaine concerne l'automatisation des processus. L'IA permet notamment d'accélérer le développement d'outils plus souples, mieux adaptés aux spécificités de la gestion de flotte et aux besoins des entreprises.


Jusqu'où peut-on automatiser le travail d'un gestionnaire de flotte ?

Stéphane Montagnon : Il existe un réel potentiel de gains de productivité, notamment dans le traitement des appels, des courriels et dans certaines tâches de coordination.

Mais il ne faut pas oublier la réalité de notre métier. La gestion de flotte repose sur des interactions permanentes avec de nombreux fournisseurs et partenaires, qui disposent chacun de leurs propres outils et processus.

Elle comporte également des opérations très concrètes : gestion des cartes, des documents, des véhicules… Autant d'activités qui ne peuvent pas être entièrement automatisées par l'IA.

L'objectif est donc moins de tout automatiser que d'identifier les tâches pour lesquelles la technologie apporte une véritable valeur ajoutée.


 


L'IA peut-elle aussi améliorer le pilotage économique et accompagner l'électrification des flottes ?

Stéphane Montagnon : Oui, l'IA peut être particulièrement utile pour analyser et croiser des données, identifier des tendances ou détecter d'éventuelles dérives de coûts.

Dans le cadre de l'électrification, elle peut également contribuer à mieux comprendre les usages des conducteurs et à évaluer l'adéquation des véhicules électriques avec leurs besoins. Mais il faut garder à l'esprit que la transition énergétique ne se résume pas à une analyse de données. L'un des principaux défis reste l'accompagnement des collaborateurs et leur adhésion au changement.

On touche ici à une dimension profondément humaine, dans laquelle la pédagogie, l'écoute et la conduite du changement jouent un rôle déterminant.

 

Finalement, l'IA va-t-elle profondément transformer le métier de gestionnaire de flotte ?

Stéphane Montagnon : Elle va incontestablement faire évoluer certaines façons de travailler et améliorer la productivité sur de nombreuses tâches.

En revanche, il serait illusoire de penser qu'elle puisse remplacer l'ensemble des compétences d'un gestionnaire de flotte.

La gestion d'un accident, la prise en compte des préférences des collaborateurs, les enjeux d'attractivité de l'entreprise ou encore les arbitrages liés aux dépenses nécessitent du discernement, de l'expérience et une compréhension du contexte.

L'IA peut apporter des informations, accélérer leur traitement et faciliter certaines décisions. Mais elle ne remplace ni la relation humaine, ni la capacité à apprécier une situation dans toute sa complexité.


L'enjeu n'est donc pas de remplacer le gestionnaire de flotte par l'IA, mais de lui donner les moyens de consacrer davantage de temps aux missions où son expertise apporte le plus de valeur.



5 points de vigilance avant de déployer l'IA dans la gestion de flotte

1

Sécuriser les données 

garantir la confidentialité des informations personnelles, sensibles et contractuelles.

2

Maîtriser les accès 

prévoir des mécanismes d'authentification et des droits adaptés à chaque utilisateur et à chaque client.

3

Privilégier les usages réellement utiles 

identifier les besoins opérationnels avant de déployer une solution d'IA.

4

Former ses équipes

organiser le transfert de compétences pour que les équipes s’approprient la transformation induite par l’usage de l’IA

5

Préserver la place de l'humain dans les décisions 

garder la maitrise face aux demandes complexes et aux arbitrages, l'IA doit assister le gestionnaire, pas se substituer à lui.




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